omment se définir lorsque, mal dans sa peau, on ne s’identifie à rien ? C’est à cette question que Malcolm Riverin, Innu de Pessamit, s’est confronté alors qu’il était adolescent. « Mon estime de soi n’était pas au top ! Pour compenser, mon ego était surdimensionné. J’ai traîné un gros mal de vivre pendant longtemps », m’explique Malcolm, 36 ans. Victime de racisme, il a eu de la difficulté à s’identifier comme autochtone. « La fierté n’était pas là. Je ne savais pas quoi faire avec mes origines. »
Malgré cela, il termine son secondaire et ses études collégiales. C’est durant cette période qu’il fait la rencontre de la Famille Myriam Beth’léhem. « Mon engagement auprès d’eux a commencé lorsque mon père a réalisé une retraite avec eux. J’ai assisté à une messe animée par les membres de Myriam Beth’léhem. »
Une puissance supérieure
Devenu alcoolique, il entreprend une thérapie au sein des Alcooliques Anonymes. C’est là qu’il renoue avec Dieu. « Les enseignements des AA nous proposent de croire en une puissance supérieure sur laquelle s’appuyer. Ma puissance supérieure, c’est Dieu et Jésus. C’est dans ce mouvement que j’ai trouvé mon identité en tant que chrétien. Maintenant que je me suis approprié mon identité chrétienne, j’accueille mon identité autochtone à bras ouverts ! »
Père d’un garçon de 17 ans, il rencontre sa femme, déjà mère de cinq enfants. Ils viennent tout juste d’adopter un autre enfant. « Cela met de la vie dans la maison ! », lance-t-il avec un grand sourire. « Nous refaisons ensemble nos fondations. Celles-ci reposent sur notre foi. »
Sa carrière
Aujourd’hui, Malcolm est un artiste reconnu au-delà des frontières autochtones. Il compose ses propres mélodies et ses textes depuis son adolescence. « J’ai découvert la musique grâce à la radio communautaire. » Grâce à une téléréalité, il découvre ses talents de chanteur. Malcolm travaille également dans le milieu du cinéma et fait de la surimpression vocale en innu pour des séries ou des documentaires. Sa carrière n’est pas un frein à sa foi. « Dans une de mes chansons, Underwater, j’écris : “Je sais d’où je viens. Et je sais où je vais. J’avance peut-être lentement. Mais je vais certainement faire advenir ce royaume” [traduction]. Ce royaume, c’est celui de Dieu. Je ne me gêne pas pour en parler ! »
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